l'arpent nourricier

La machine à bois

Quand on a acheté la maison, il était vite évident qu’il y aurait des tonnes de trucs à faire en menuiserie. Plutôt que de devoir passer mon énergie à courir derrière un artisan, j’ai décidé de me faire plaisir et d’acheter une bonne grosse combinée à bois Lurem (former S310).

Si on arrive à ne pas cesser d’avoir peur de la machine afin de ne pas y laisser des doigts, je pense que c’est un investissement hyper valable pour un autoconstructeur. Voici une liste de tout ce que j’ai pu faire avec cette machine :

  • les appuis de fenêtres
  • les cadres des velux
  • le meuble vasque de la deuxième salle de bains
  • la porte d’entrée, la porte de la chambre, la porte des toilettes sèches
  • le podium de la baignoire
  • les parquets chêne et châtaignier
  • les lambris peuplier chant-contre-chant
  • les ossatures des différentes cloisons (torchis chaux-chanvre // terre-paille banchée)
  • un lit d’enfant
  • des meubles de cuisine
  • les toilettes sèches (la version mobile et la version fixe)
  • les étagères du dressing et celles du cellier
  • des tablettes un peu partout
  • et j’en oublie

baignoire

En revanche, les vraiment gros projets, je les ai laissés à un pote menuisier :

  • les 5 portes en chêne pour la partie d’à côté
  • le grand lit
  • le réencadrement de la vieille porte de la salle de bains

Maintenant que j’arrête bientôt les travaux, la machine va trouver un nouveau logis, chez des amis où j’aurai encore la possibilité d’aller travailler. Je pense d’ailleurs que pour bien d’autres types d’outillages, les gros outils de menuiserie n’ont pas vocation à dormir chez les particuliers (ma machine n’a travaillé qu’un jour sur dix depuis que je l’ai) mais à être partagés, afin d’avoir pour les projets de taille moyenne une solution intermédiaire entre se faire chier avec du petit matériel et y laisser un bras chez un artisan (qui a d’ailleurs autre chose à faire).

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Rappel des épisodes précédents

Les trois dernières années

Voici quelques éléments pour comprendre ce qui s’est passé ici et pourquoi j’ai tant tardé à réécrire :

  • l’arpent nourricier, c’est certes un jardin, mais c’est surtout une vieille maison de pays à retaper. J’en ai peu parlé, j’en parlerai davantage
  • d’un petit mi-temps avec deux jours de boulot par semaine, je suis repassé à 3 jours par semaine. Les allers-retours vélo-train-vélo sur Toulouse n’étant pas de tout repos, j’ai eu à la fois moins de temps et moins d’énergie
  • l’activité pro de mon épouse a pris de l’ampleur : moins de disponibilité pour avancer les travaux de la maison ensemble, donc davantage de travaux à faire seul, donc moins de jardinage
  • il fallait faire vivre nos amis maraîchers : le jardin n’avait plus qu’un objectif symbolique.
  • mon temps de militantisme a beaucoup été pris par le travail dans l’association Nature & Progrès Aveyron, et la dernière année je me suis même retrouvé au CA
  • les échecs répétés au jardin (limaces, liseron, manque de régularité dans le désherbage et l’arrosage) n’ont pas aidé à maintenir la motivation
  • comme tout engouement, la permaculture n’échappe pas à la règle : l’enthousiasme effréné des débuts se calme après un temps. Je pense que j’ai dû faire une petite overdose. Maintenant j’y reviens avec plaisir mais ça n’occupe plus une place centrale dans ma vie.
  • Nouveau style d’écriture

    Pour ne plus délaisser le blog, je vais tâcher d’y écrire aussi souvent que possible. Ça sera un peu plus décousu, un peu plus spontané aussi. J’essaierai de refaire de grands articles de fond de temps en temps quand même mais il y en aura sûrement moins. Et si je n’ai pas de dessin à chaque fois, tant pis, il n’y aura pas de dessin.

    La suite !

    Après quelques années de hiatus, je me décide à redémarrer l’arpent nourricier.

    Il s’est passé plein de choses (pas forcément au niveau du jardin) et la situation a complètement changé. Mais pas mon envie de continuer à tirer le fil de la permaculture. Donc dans les jours, les semaines et les mois qui viennent je ferai un résumé d’où en est l’arpent (le blog et le jardin), et où je vais.

    Parmi les choses que j’aimerais développer, il pourra y avoir (en vrac) :

    – le retour sur le manifeste de l’arpent : ce que je corrigerais, ce que je renie, ce que je garde précieusement
    – la toiture végétalisée
    – le problème du liseron
    – la grave question de la compatibilité entre un jardin permaculturel et une activité à plein temps avec jeunes enfants en sus
    – l’autosuffisance ou bien le tissu économique local ?
    – mes quelques réticences autour de la tendance new age qui entoure la permaculture
    – le retour à la ville et comment décliner la permaculture en appartement
    – la vie de couple à l’épreuve des grands projets de changement de vie
    – projets de jardin, de maison, d’écoquartier, d’association : les yeux plus gros que le ventre
    – retour sur le SEL
    – retour sur Nature & Progrès
    – retour sur l’initiative broyeur
    – ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, ce qui aurait pu marcher
    – ma tondeuse
    – mes arbres fruitiers
    – mon vélo électrique
    – mon poêle à bois
    – mes toilettes sèches
    – et plein d’autres choses encore

    Sinon, je prévois de déménager progressivement le blog vers wordpress (à l’adresse https://arpentnourricier.wordpress.com) parce que celui-ci a bien failli mourir par manque de maintenance et d’assiduité : héberger soi-même, c’est bien au début mais c’est un gros risque pour la pérennité des contenus quand on n’est plus là pour payer les abonnements et faire les mises à jour.

    Merci pour les commentaires…

    Je suis passablement honteux de délaisser à ce point ce blog, alors que vous êtes nombreux(ses) à m’encourager et à contribuer par vos remarques sagaces et pertinentes au travers des commentaires.
    Je mentirais si je disais que je n’avais pas le temps – j’ai surtout la tête ailleurs*. Peut-être que quand le printemps reviendra et que je remettrai les pieds au jardin, je retrouverai un peu de motivation.
    En tout cas, merci pour tous vos commentaires, n’hésitez pas à fouiller dans les archives (moi-même j’y découvre souvent des pépites oubliées). Et revenez de temps en temps : il se peut qu’il y ait du nouveau un de ces jours.
    (* mais rassurez-vous, il n’est pas question de blues – au contraire, c’est plutôt des beaux projets)

    La tour à patates – verdict de la saison 1

    Avec un peu de main d’oeuvre bon marché, j’ai démoulé la tour à patates (d’un nouveau genre, voir l’article de départ). Avec un crible au-dessus de la brouette, on a vite fait de filtrer les patates et de récupérer le compost.

    Le résultat était honorable mais un peu décevant. Lire la suite »

    Il n’y a pas que la permaculture dans la vie…

    J’ai fait une longue pause parce que j’avais un peu honte. Occupé par d’autres projets (en particulier mes travaux de rénovation), je me suis à peine occupé de mon jardin cette saison, en me concentrant sur deux ou trois choses que je savais à peu près faire et en faisant la chasse au liseron. Et pendant ce temps, je continuais d’écrire un ou deux articles par semaine comme si j’étais un grand spécialiste avec un jardin d’Eden pour étayer mes propos. Il était urgent que je me taise pour laisser parler ceux qui font vraiment.

    Avec cette longue pause estivale, j’ai pu un peu repenser les objectifs de ce blog.

    D’une part, mon objectif d’aider à transmettre les idées permaculturelles anglophones dans le monde francophone est atteint. Le train est en marche et la permaculture francophone prend totalement son envol et n’a (à la rigueur) plus besoin de moi. Je suis assez fier d’avoir pu contribuer (à mon échelle) à cet avènement, dont je suis persuadé qu’il sera durable tant les idées de la permaculture seront capables d’imbiber les réflexes culturels même quand la mode des tours à patates et autres spirales d’herbes sera oubliée depuis longtemps.

    D’autre part, la réécriture du manifeste s’impose car je ne vois plus du tout l’autonomie alimentaire comme un objectif personnel obligé : je pense maintenant que la démarche d’autonomisation est avant tout dans la tête, et le jardin est un très bon moyen de cheminer dans cette direction, mais c’est loin d’être le seul. Maintenant qu’un ami maraîcher fait pousser de beaux légumes en bio sur la parcelle en-dessous de chez moi, la question de l’autonomie alimentaire devient presque absurde. En revanche, je vois toujours l’approche permaculturelle comme une tendance salvatrice pour l’agriculture biologique, laquelle devrait aller systématiquement vers la production de grande qualité à petite échelle plutôt qu’imiter l’agriculture conventionnelle.

    Quant au contenu de mes écrits ici, je pense l’orienter essentiellement comme un compte-rendu de mes expériences personnelles au jardin, et aussi un peu de mes réflexions, mais j’arrête de vouloir transmettre des choses lues ailleurs (en anglais en particulier) parce qu’il y a maintenant tout plein de ressources qui permettent aux francophones d’y avoir accès. Comme je suis encore pas mal pris dans mes travaux de rénovation, je pense que la fréquence de publication sera plutôt mensuelle qu’hebdomadaire… la suite en décidera.

    prochain article : le démoulage de la tour à patates (indice : honorable, mais rien de miraculeux).

    La tour à patates – réinterprétée

    La tour à patates : un incontournable de la permaculture que tout apprenti se sent un peu obligé de tester, à l’instar de la spirale d’herbes aromatiques, du tracteur à poules ou de la baissière, avec malheureusement des déceptions la plupart du temps, d’après ce que j’ai pu glaner sur les différents blogs que j’ai lus à ce sujet.

    Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, regardez donc ces deux vidéos :

    Essais et réflexions

    J’avais essayé une première fois avec des cadres en bois empilables, mais faute d’arrosage et d’assiduité pour refaire le niveau à mesure que les plants montaients, je n’avais pour ainsi dire rien eu. Et je n’avais pas réessayé depuis. Lire la suite »